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Suite à la conclusion de l’atelier « Sans viol, ni stigmatisation » à Kindu, République démocratique du Congo, j’ai fait la rencontre de Georgette, Rosalie et Bibiche – toutes des survivantes de la violence sexuelle – pour leur demander leurs réflexions au sujet de la vidéo animée “Une demande à mon père“. Elles venaient à peine de partager leurs histoires devant l’atelier et avaient donné leur autorisation pour les partager publiquement.

Chaque histoire était unique, bien que semblable au niveau de leurs horreurs partagées et de l’immense chagrin qui a suivi. Rosalie ne sait toujours pas si sa fille, alors âgée de 15 ans et qui a été brutalisée avec elle, est encore en vie aujourd’hui. Lorsqu’elle y est retournée et a supplié pour obtenir des informations au sujet de sa fille, les attaquants lui ont arraché trois de ses dents de devant. La famille et la communauté de Rosalie l’ont ensuite reniée pour avoir été violée. Ayant vécu isolée au cours de ces 16 dernières années, elle a été encouragée par le développement du Centre Mama Lynn à Kindu qui vise à aider les femmes comme elle – et elle est donc venue à l’atelier. Son courage pour se présenter en avant d’un groupe d’environ 50 femmes a été marqué par ses yeux baissés – une caractéristique que la plupart des survivantes ont partagé.

Judith Yanga, qui est la directrice des communications pour la région épiscopale de l’Est du Congo

Bien que j’ai tout récemment rencontré Rosalie la semaine dernière, c’est d’abord ce genre d’histoires qui a motivé la création de “Une demande à mon père“. En novembre dernier, j’ai discuté avec Judith Yanga, qui est la directrice des communications pour la région épiscopale de l’Est du Congo, concernant les ressources de communication qui pourrait aider à lutter contre la stigmatisation. Après avoir partagé le travail de Firdaus Kharas avec elle, nous avons décidé de créer quelque chose qui mettrait en image les multiples couches de souffrances causées par la stigmatisation et qui déclencherait également une discussion. Judith a travaillé en étroite collaboration avec nous – fournissant des photos pour que les scènes soient contextuellement appropriées, supervisant le script pour des critiques locales et offrant même des visionnements en petits groupes avant sa sortie. Il était de mise que la première de “Une demande à mon père” ait lieu à l’atelier « Sans viol, ni stigmatisation » devant les femmes auxquelles cette vidéo est destinée à aider.

L’un des spectateurs a déclaré que l’animation fournit la “sensibilisation, la médiation et la consolation” – qui sont nécessaires afin de résoudre les problèmes créés par la stigmatisation. D’autres spectateurs ont commencé à réfléchir à la réponse de la communauté à la demande du jeune garçon dans la vidéo et ont entamé la rédaction d’un plan comportant plusieurs facettes pour la réponse de l’église. Je leur ai demandé s’il y avait quelque chose qu’elles changeraient: Georgette, Bibiche et Rosalie ont toutes répondu non. Rosalie a déclaré: “Voici notre histoire. C’est ce que nous avons vécu.”

Parfois, le début de la guérison survient lorsque notre propre histoire est finalement entendue et validée, attribuant le blâme correctement au coupable et non à la survivante. L’animation l’a fait pour eux, devant un groupe de leurs pairs. Comme je voyageais le lendemain, j’ai vu Georgette sur la route, je l’ai appelée et je lui ai fait signe de la main. Sa réponse immédiate a été un sourire lumineux et magnifique, maintenant gravé sur mon cœur. En priant que la guérison soit possible pour Georgette, Rosalie et Bibiche et à toutes les autres comme elles et que la vidéo empêche les nouvelles Georgettes, Rosalies et Bibiche de faire face aux mêmes expériences qu’elles ont affrontées.

Une demande à mon père” est actuellement diffusé à la télévision et à la radio RTNC dans l’Est du Congo, sur le canal UMC WhatsApp de l’Est du Congo, et est également partagé via les téléphones mobiles. Il est disponible gratuitement pour télé chargement.

Référence également: http://www.chocmoose.com/pourquoi-le-congo-t-il-oublie-sweet-mother-d-r-congo-forgotten-sweet-mother/